L’abonnez-vous

Connectés

Archives

Des images et des mots

Travelling

A l’Ouest, du nouveau.

Musique de Mark Knopfler

J’aime bien que l’éclipse émiette la lumière sur la mer
J’aime bien quand la brume absorbe les éoliennes
Et le solfège des étourneaux
J’aime bien rétroviser les lampadaires
Et la géométrie fouillis des vignes
J’aime bien la mosaïque des miroirs
Et le rire de l’eau à travers les larmes de saules
J’aime bien tout ce que tu brilles
Quand le poème se propage d’une étincelle à l’autre
Sur le fil conducteur des oiseaux

7 avril 2015

0

Arrimer en pays d’automne

Musique de René Aubry : Courant d’air

Pour Valérie

Accrocher un verbe bleu aux phrases du vent
Ce pointillé de brise qui pétille
Rouge bruisse un feu de sumac
Un jardin de soleils aux rires égrainés
Des anneaux chevillés
A l’âme
D’un éboulis contenu
Arrimer en pays d’automne
Mémoire estampillée
Comme un sticker collé au front des vitres
Faire le plein de Nous
Pour jamais ce manque de ciel

22 octobre 2013

0

Septembre soir

Dimanche de septembre soir
Pas d’issues à ce paysage
Comme s’il coulait un sang atone
De mon encrier de brouillard
Plus de message à délivrer
Circulez, y a rien à voir
La ville a verrouillé l’été
Dimanche de septembre feu
Mortes, les feuilles de mon cahier
Des papiers, de ratures noircis
Et des pages blanches froissées
Plus de message à délivrer
Circulez, y a rien à dire
La ville a verrouillé les mots
Dimanche de septembre pluie
Aveugles, les vitres embuées
Eteintes, les flaques des trottoirs
Muette, l’eau de leurs reflets
Plus de message à délivrer
Circulez, y a rien à filmer
La ville a verrouillé les miroirs
Dimanche de septembre nuit
La trouée bleue d’un gyrophare
Pulse à travers l’obscurité
Les dernières mesures d’une vie
Ce qu’elle m’a donné, je l’ai pris
Y a plus rien sous les pavés
Veines de bitume taries
La ville a verrouillé mon histoire  

13 octobre 2013

Septembre soir from C. Daviles-Estinès on Vimeo.

Musique et voix : Michel Borla
Texte et vidéo : Colette Daviles-Estinès

 

 

0

Quelques notes

Musique de SaReGaMa

Il pleut un long jour sale

Ombres luisantes des goélands
ciel de verre fumé
et le rêche panorama
des mats hérissés dans la baie

Ça vrille dans le tunnel blanc

Contre la paroi souple du sas
un cœur bat qui n’est pas le mien

Le cardiologue est un enfant

On
se tait
ne pense à rien
ne pardonne pas à l’infirmière
d’être un homme

17 mai 2013

0

Le courant des rivières

Musique de Rivière Noire:  » Bate Longe »

C’est le matin
Le matin est à venir
Comme une palissade éventrée
Brèche béante où le vent bat
J’ai descendu loin, je crois
Les marches, vis sans fin
Le courant des rivières, le cours de ma vie
Le matin est à gravir
Il y a de l’espoir à traverses
Une pleine brassée de silences
Saturés de voix comme il se doit
Mais le souvenir est neuf
Il prend sa source aux vasques de soleil
Où j’ai lavé, lavé les brûlures du froid
Le souvenir est neuf, je l’ai puisé demain
Juste dans la coulée de lumière du matin  

10 septembre 2012

0

Le galop océan

Musique hang drum et flûte de TUKAMAMA

Fermer les yeux pour s’isoler des compassions
Mais la souffrance est crue
Nue
Exposée

On ne meurt pas de ce que j’ai
Alors…

Chasser des cils les images interdites
La mémoire verrouillée
II pleut en biais à chaque battement

Laisser filtrer le mistral
La houle de ses crêtes
Son souffle de ressac                

La lumière balaye ce qu’il reste de rivages
Et l’ombre des nuages dévore l’horizon
Eclairière de vif-argent
Dans les crinières graminées
Soulever sous les paupières
Le galop océan du vent

 

23 mai 2012 texte et montage vidéo écrit et réalisé à la clinique entre deux injections de morphine…

0

Réverbération

Fil de verre de René Aubry

Une coque de bateau dévorée de reflets
Où danse la lumière ivre et lente
Et soyeuse
Du soleil dans l’eau qui me tient lieu de jour
Et d’encre

Tout est contenu là
Dans la lumière qui tangue
Une coque de bateau comme une page blanche
Et l’écriture de l’eau
Puisée à même la vie

Danse la lumière ivre et lente
Et soyeuse
Fleurs de mer épanouies
Puisées à même le port qui me tient lieu d’attache
amarre où s’ancre encore l’infime
Des cicatrices

Tout est contenu là
Dans la lumière froissée
Une coque de bateau comme une page noire
L’écriture de la lune
Puisée à même la vague

Léchée de lumière ivre et libre
Et rebelle
Comme des flammes puisées
A même les sources brunes
Une coque de bateau dévorée de reflets

25 avril 2012

 

0

Eternité

Musique de Voltene Sue

Quête ramifiée de chemins
Lignes d’un vivre comme je peux
Sur la paume de quelle main ?

Le ciel se propage

Chaque soir a son voile pourpre de soleil
Chaque aube sa traîne de nuit
Une éternité d’étoile mesurée à son seul écho

Cet éclat-là m’arrête
Je m’arrête à la plissure du vent
A peine un frémissement lisse de l’eau
Silence de mangrove peuplé d’oiseaux

Le ciel se propage

Sous l’aile d’ombre tendue
Je bute sur les pierres
Toutes ces pierres blanches
Qui ont marqué les jours
Et comblé les ornières
Le lit de mes torrents
Je passe à gué ma solitude

Le ciel se propage

Noces déployées d’hier et d’ailleurs mêlés
Et c’est encore demain
Et c’est déjà ici
Un enfant échappé d’on ne sait quelles frontières
Racle sur le trottoir les roues de son tricycle

L’étoile de son rire comme une éternité
Mesurée à son seul écho

4 avril 2012

0

Le temps d’une vie

Boucles bouclées dans tous les sens
jusqu’à n’en plus trouver aucun
trotteuse au tic tic pendulaire
boucles bouclées dans tous les sens
jusqu’à n’en plus trouver aucun  

Une petite musique en décrue
fondu enchaîné les nuits ouvertes
trotteuse au tic tic pendulaire
grignote des pans d’oubli à l’envers  

Boucles bouclées dans tous les sens
jusqu’à n’en plus trouver aucun
une petite musique en décrue  

Je rafistole comme je peux
mes rideaux de nuits saltimbanques
à la pénombre rouge flamme
les trous à l’âme que ça fait  

Fondu enchaîné les nuits ouvertes
comme des couloirs qui se répètent
à l’infini
à l’infini  

Des secondes
cousues bout à bout  
et ça finit par faire une vie

Musique de René Aubry: Chaloupée

Mars 2012

0

La vie en crue

pour un chemin d’écume tendu entre les pierres
j’ai joué ce qui reste
j’ai gagné ce qui vient
le rush du courant, la crue des sentiments
la lumière minérale qui me bat dans les veines
ondes, la vie en perfusion
le ciel charrie du vent et charrie des oiseaux
et puis l’écho de l’eau
et j’ai joué
dedans
j’ai joué ce qui reste
j’ai gagné ce qui vient
le vent charrie du ciel, les oiseaux des rivières
ma vie un allant vers

Décembre 2011

0