Je lutte pour retenir les heures qui dérivent
arrimer les images à toutes les vérités
de celles qui nous élèvent
de celles qui nous trahissent
ces vérités soumises à conditions expresses
d’être renouvelées
cette météo des pages encore encrées d’éclairs
les colères inédites, la rage, les orages
l’obscur comme un réflexe
je suis pour les couchants safranés sur les îles
filaos de Noël et noix de badamiers
je suis pour tout ce qui ne m’a jamais fait peur
je lutte pour retenir la neige des lilas
la beauté compromise de l’hiver qui arrive
nouvelle saveur du froid sans le parfum de sève
du bois à peine coupé
je lutte pour tenir
je ne veux pas dormir et ça ne sert à rien
de traverser la nuit comme ça, les yeux ouverts
mais je ne veux rien perdre
j’ai trop perdu déjà
absurde et ironique insomnie inutile
tristesse automatique

Novembre 2011

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