Quinzième volet
Voyage…
Fièvres
Je franchis
des passerelles dont j’ai perdu le code
dans l’urgence de tout jeter, j’ai jeté demain
Je brûle
d’une mémoire de fièvres erratiques
et je m’égare loin des incendies que tu me tends
J’accoste
le crépuscule offert d ‘un presque monde
et le murmure liquide d’un vent coulis
Je garde
le bruissement flamme et feu de la pluie
like a memory it falls crépitant
Février 2011
Effréné
La pénombre
mi jour mi noire
derrière les vitres,
et ces fronts posés contre, luttant de solitude.
Les immeubles fragmentés de lucioles immobiles,
toutes ces bribes de vie qui défilent
pendant que se fragmentent
mi rouges mi soir
nos ombres.
Je suis ivre du rythme de l’instant que j’emporte,
parce qu’il faudra bien que je le porte en moi
à présent,
à jamais.
Mon coeur effréné bat plus loin que je ne sauve,
dans ce train qui m’en va plus loin que tu ne crois,
plus loin que je ne sais.
Janvier 2011
J’écope
Vider jusqu’à la lie
le trop plein d’un silence
qui me déborde
le trop plein de si loin
en loin où je me perds
le trop plein de ce vide
d’âme où je me noie
J’écope à ras le bol
des larmes à ras bord
Janvier 2011
Echo-système
Un poison numérique fait son chemin digital
où j’anicroche, je faille, je m’embrase.
A cautériser, je m’applique mais…
Je m’aveugle toute seule au reflet feed-back
d’un soleil métallique.
Friches ou défriches, c’est du pareil au même.
Je me tiens tu me tiens,
il faudrait raser les épines des jours.
Encore la langue qui fourche,
je ne sais faire que ça,
fourcher les mots en double sens
giratoire, je ne sais plus marcher je crois.
Je tourne en rond
ou pas,
c’est du pareil au m’aime.
Aller de l’avant, allez !
j’ai juste oublié de manger aujourd’hui
où avais je la tête ?
Cette peluche que je caresse en pensant à mon chien,
c’est ma poupée vaudouce.
A rêver de tendresse, je m’applique mais.
Il faudrait que je pense à dormir un jour.
Ou même cette nuit.
J’y pense, et puis
j’oublie.
Janvier 2011
Ici et au plus loin
Tuer Le Temps from C. Daviles-Estinès on Vimeo.
Musique de Michel Borla
http://www.michelborla.net
J’avais écrit ce texte il y a longtemps, en pensant entr’autres à l’un de mes amis d’il y a plus longtemps encore. Cet ami-là parallèlement, avait fait une chanson en pensant entr’autres à moi.La vidéo est de mai 2013
la marée peut monter, les vagues engloutir
nos hier et no futur, nos pas entrecroisés,
nos désirs parallèles est-ce que tu le savais ?
Faisceaux de lune froissés sur l’océan,
nos chimères atlantide.
Des noms et des visages floutés mais qui c’était ?
Ceux qui ancraient leurs rêves à des ports sans attaches,
ceux qui encraient leurs mots sur des notes de musique,
ceux qui graffitent encore des soleils pérennes
hors l’écaille des murs.
Des couloirs des reflets des seuils des fenêtres
des rives où me poser, apposer vos empreintes.
Signez là pour marquer cette page d’exil.
Où êtes-vous, mes éperdus ?
Celui qui sait déjà et encore où j’habite
et celle-ci disparue mais j’entends sa voix dire :
peut-être dans longtemps
on se connaîtra toujours…
Et depuis je te cherche
dans l’écho qui nous porte ici et au plus loin,
à l’arrêt sur image des miroirs infidèles
à ce qu’on espérait peut-être devenir.
Janvier 2011
Paru dans Variations sur le Thème de l’amitié, recueil collectif chez Flammes Vives
C’est comme ça
Elle est trop tard la vie,
la course d’Est en Est,
de matin en matin,
connectée aux rumeurs des galets.
Geyser écume qui t’éclabousse,
sanglot en travers qui t’éclabouche.
Tu t’es donnée ce rendez-vous avec la mer.
Tu t’es inventée cette urgence
chaque demain.
Et je reviendrai toujours
parce qu’elle est trop tard
la vie pour rien
sans tes mains sur la guitare.
Je reviendrai toujours
parce qu’il fait bon s’attabler
aux notes apaisées
que tu joues.
C’est comme ça qu’on s’amarre.
Janvier 2011
Réminiscence
au travers d’une soie
de songes chaotiques
pulsation filigrane
où je nais, où j’enfance
S’en fout la mort taxi
rebrousse son chemin
de torchères alignées.
Nous-mêmes, nous-mêmes
mbolo ani
S’en fout la mort s’enfuit
La lune transparaît
et le matin l’emporte
J’arpente
J’arpente.
A pas comptés
je prends la mesure
du travers champ qui nous sépare.
J’en mesure l’en pleurs.
A pas compter, plus jamais.
Démesurer la distance
et la profondeur du chant qui nous dépare.
Un décompte à rebours
d’un contre-jour qui passe.
J’ai déplacé le cordeau,
il zig et zague à travers temps,
arpent d’éternité.
Prendre la distance du maximal.
Les maux s’effacent au fur et à mesure
les maux s’effacent
les maux
Janvier 2011
C’est l’heure ailleurs
C’est l’heure ailleurs
d’un vol d’engoulevent
arraché au ruban
de chaleur goudronné
C’est l’heure ailleurs
des ombres sous la lune
le bruissement du vent
comme une éclaboussure
C’est l’heure ailleurs
du souffle rose et nuit
d’un point du jour naissant
Isthar incandescent
C’est l’heure ailleurs
d’une brume serpentine
où se portent mes pas
plus avant
Janvier 2011
Flagrant délit
La lumière peut embraser l’aube,
écarter les parois d’orage,
silence émaillé de clarines,
effluves de fumée dans le vent.
Réminiscences comme des vagues
de l’odeur salée du thym bleu,
la robe chamoisée des chèvres,
spirales des fossiles granuleux.
Le filet de jour qui filtre
aux interstices des amitiés
happe en plein vol les papillons
de ma solitude buissonnière.
Des milliers de chandelles soufflées
quelque part dans les rues du monde
à la seconde où je suis prise
en flagrant délit de plein ciel.
2011
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