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Quinzième volet

Voyage…

Alors

Je suis riche de Vous
Cette partie de Vous dans mon bagage
Alors je peux partir
Etre l’itinérante sur la planète Nous
Et la nuit peut finir
Il y aura toujours un soleil attablé
Et le coup pour la route
Et la prochaine étape
En boucle dans ma tête ces riens partagés
Envahissent l’espace
Et je me sens grandir
Et de fou rire, encore
Alors…

Alors une tristesse clandestine
Aux veines ramifiées
Tressage de liesse et de regrets mêlés
Mais je suis riche de Vous
Cette partie de Vous dans mon bagage

Juin 2011

Un silence entre nous tacite et sous-tendu
Reconductible
Une pause méthodique et l’accord plaqué hors
Des arrêts sur images
Poésie de rivage où j’échoue
Ma bouteille à la mer entre le si et la
Une mélodie prégnante
Et le sens de tout ça je ne le connais pas
J’assume, je m’en fous
Mais c’est plus fort que moi
Une pensée soulignée
Pour tout ce qui n’est plus

Juin 2011

Ici d’ailleurs

C’est toujours jamais simple la vie
J’aimais l’idée des lunes noires
Il ne fait jamais nuit ici
Les portes ouvertes sur l’été
Ouvertes, j’en aimais l’idée
J’aimais l’idée d’un nulle part
Où pousser mes jacinthes de fleuve
J’ai multiplié dérives et des rives
La vérité est ailleurs
D’ailleurs je suis d’ici où je vis
Une petite mélodie de pluie
Lancine là, du côté gauche
Comme un poing
Et un raï * de soleil soudain
Qui frappe et je ne sais plus
C’est le soleil qui me fait mal
Il y a des chances…
Mais les copains d’abord et tout à l’avenant
C’est le même demain qu’aujourd’hui, oui
C’est le même demain qu’aujourd’hui

Juin 2011

* Ce raï-là

Fraction

Etendus à plat dos dans l’herbe
Se laisser submerger de ciel
Ecouter bourdonner un silence millénaire
Faire le bilan de chaque seconde de nos vies
chacune de nos attentes incompatibles
Connectés au cosmos
A la rencontre de tout ce que nous avons vécu
Ou même imaginé
Tout ce qui a fait de nous ce que nous sommes
Un allant contre soi, tout contre
Chercher les étoiles là où la lune n’est pas
Combien de pas pour en arriver là ?
Coucher aux belles étoiles filantes
Sur des pages et des pages de noire nuit
Le crayonné lumineux des vœux
Des vœux pour mon enfant d’abord
Les miens l’espéraient vivant une Vie
Les miens nous espéraient, aussi
Et puis revoir tous les visages
De nos inoubliés perdus
Dans la nuit des temps révolus
Au bal des perdants magnifiques
Danser
Valser de nos hésitations
Dans la cour des grands dérisoires
Infiniment petits et vains

Rire de nos plus beaux ratages
Même du dernier
Surtout

Juin 2011

J’ai décidé que j’aimais le dimanche après-midi

Les cages verdoyantes de ces jardins d’enfants
Chamailles et rires mêlés au pied des toboggans
J’adopte le soleil anémié, peu importe
Le mauvais jour de soupirail
Dans la tresse des grilles, je filtre
Le reflet d’un reflet capté, je flashe
Noyer ainsi l’ombre portée
Des échos de notes
Et de notes
Ces souvenirs assidus à cons. de pref. avant-hier
Echapper à l’idée camisole que j’avais du dimanche
De mieux en pire
J’adapte

Mai 2011

Never mind

L’éclat bleu de la lune par la fenêtre ouverte
Les bambous sentinelles à l’entrée du chemin
L’entour à la démesure du ciel
Les notes sporadiques d’un silence de forêt
Un bruissement fruité de feuilles
Sous les pas
Va et vient l’impatient piétinement des chiens
C’était ma nuit
 
L’éclat bleu d’un écran par une fenêtre ouverte
Partition rectiligne de fils électriques
Un bout de ciel entre les tours
Et la carrure de leurs ombres
Le silence découpé aux lames d’une rumeur
Lointaine et mécanique
Va et vient le scooter du livreur de pizzas
C’est ma nuit
 
C’est ma nuit pourtant

Mai 2011

Rêve étrange

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
De ce puits où j’épuise et puise ma solitude
J’ai l’air de ne rien attendre ni personne
Un soleil d’orage chamarre d’arc-en-ciel
Le cœur battant du vent
Travelling arrière toute
La roue tourne
Roue libre
Mentalement je chantourne l’horizon profilé
En dehors des sentiers battus et rebattus
En deçà je trébuche
Tout petit, petit grain d’un sablier géant
De sables émouvants
Avancée, avancer d’urgence contenue
Jusqu’au puits où j’épuise et puise ma solitude
Trouver une issue de recours
Et le souffle vital à me sortir
De là

Mai 2011

What kind of love is this ?

Comme si j’avais eu rendez-vous
Avec ce paysage
Mais c’est un hasard sans message
Ce retour à la soif
Ces roches immuables
Un peu plus de lierres sur les murs
Un peu plus de pierres éboulées
Des flaques de lune sous mes pas
Possédée d’étoiles
Je pourrais rester là
Dans le jeté des ombres de ce feu séculaire
Les mots comme des passerelles
Traverser les averses de passage
D’une rive à l’autre glisser
Dans ce no man’s land habité de silence
Les souffrances pointillées
Les accrocs méthodiques
Et les instants tissés de nos patientes failles
What kind of love is this?
Je pourrais rester

Sur cette idée de vent tout droit sorti d’hier

Mai 2011

Chrysalide

Je me croyais plus forte et lisse
d’une force lissée à toute épreuve
surface d’eau dormante
mer étale
hermétique
mais tu souffles un vent aigre
plissant de cicatrices l’infime et l’infini
chaleur d’hier d’une terre réfractaire
j’ai froid
empreinte abrasive de sentiments mêlés
au moindre signe de toi
sauve qui ne peut pas
soudain égarée dans la rue
je tombe
dans le panneau Toutes directions
à défaut de savoir où diriger mes pas
et mes ne pas
mes certitudes mal menées
je sais
pourtant je sais
mais c’est plus fort que moi
il faut que je me perde
il faut que j’aboutisse
à la métamorphose  

Mai 2011

Devant

Déjà
Encore au bord d’un presque ciel

Je suis au confluent des possibles à venir
Ce couloir tangible où je m’avance

Je sais quelque part un chemin d’horizon
Faisceau des noctiluques apportées par les vagues

Et les vagues se meurent
Et les étoiles s’éteignent
Dans un crépitement de sable silencieux

Déjà encore
Au bord d’un presque ciel

Une coulée de lumière de lune
Réverbère sur la mer un sillage d’étincelles

Reste l’or des poussières aux reflets malachite
Qui dansent dans les rafales d’un soleil naissant

Déjà encore au bord
D’un presque ciel

J’impatiente

C’est comme si la nuit était restée là-bas
Avec ses noctilunes noyées comme tout le reste
L’océan, les embruns, les mirages
Et le temps

Déjà encore au bord d’un presque
Ciel

Devant

Mai 2011