Je suis revenue là,
à vol d’oiseau de proie
j’étais si près.
Je suis revenue seule,
seulement respirer.
Ils m’ont dit tu reviens,
ils m’ont dit bienvenue.
Une clenche de la porte entr’ouverte sur hier,
ma main sur la poignée,
un pied de chaque côté de l’accueil du seuil
en équilibre.
J’ai goûté le silence des abeilles
et du troupeau qui chôme aux abords du point d’eau.
J’ai bu la lumière parfumée du matin.
Ici rien n’a changé,
le soleil à sa place.
Rien ne sera jamais.
Ca ne m’a pas fait mal,
ça ne m’a pas blessée.
J’ai cueilli des bribes de demain
en bouquet évasé.  

Mai 2011