A l’enfant qui n’est pas né
J'aimais te vivre comme un soleil latent, un horizon vivant aux confins de mon corps. Je t'ai perdu comme on attend longtemps, vide immense dans mon ventre. Tu étais un vertige et tu étais si seul à basculer de ton rivage, mon enfant au silence, mon enfant à la nuit....
Levant
A perte de lumière les oiseaux seuls intermédiaires entre le couchant et la mer Là-bas où je n'attends plus il y aura levant. La nuit agglutine aux vitres un peu de rêves fanés-brûlants 1978
Jamais
C'est à Jamais que tu appartiens, aux heures filantes des étoiles. La lune traîne au petit jour. Elle a un goût de déjà vu et de trop tard. Tes mains courent sur la guitare, tes mains hantées de paysages. Le seul instant solide dans ce port inventé, c'est ce vieux...
Chantier
Tristesse diffuse Elle ne crie plus Elle ne bat plus aux tempes Elle se dépose et s'accumule sans faire d'histoires Elle ne va plus au fond des choses Et moi je reste moi l'affectif en chantier 1978
Tram away
Si je veux je peux Si je veux je peux mentir l'hiver Et le métal urbain des jours La brume fauve des harmattans Je l'invente Je l'invente si je veux J'en ai besoin, de mes déserts Quand chaque nuit qui passe s'éteint Quand le ciel se lève dans les vitrines Me faire...
Les rivières de vent
Oui je sais, j'ai perdu mes fenêtres d'éternité, mes fenêtres du jamais, j'ai perdu mon ciel. Les avions sabrent de lignes de fuite mon nouvel horizon. Oui je sais, j'ai perdu mes fenêtres d'essentiel. Le soleil ne traverse pas, il s'éteint sur mon abat-jour, mon...
Un retour étranger
C'est le côté définitif qui désincarne cette maison. Où ne pas être l'étrangère? Ce n'est pas un retour que je vis, c'est un départ. Aigu. Absolu. Pourtant l'année était si blanche, dans cet ailleurs de poussière. On boit la vie et on s'aperçoit trop tard qu'on avait...
Exil
Il y a du sable dans le vent et du vent dans la lumière. C'est peut-être ça, ce tremblement devant les yeux. Comme des mirages brouillés vos visages qui tournent, et les pages s'envolent du cahier répertoire. La Tour de Babel désertée. Et c'est le ciel des fenêtres...
Des étoiles sous l’océan
Comme si tu m'atteignais de ce même soleil à travers les années, quelques vitres plus loin, simplement, à quelques fêlures près. C'est comme une eau qui se referme sur ma vie : engloutis, les secrets, à jamais là pourtant, posés comme des naufrages, comme des étoiles...
Soif
Verte, la nuit sur la montagne. J'ai ce vert là au fond de la mémoire comme une tache éblouie. La course des étoiles en pluie dans le ciel renversé des flaques: ces miroirs du monde dans le creux des rochers. J'échangerais tous les oublis pour une seule parcelle de...
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