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Quinzième volet

Voyage…

Racines

Une seconde à souffrir de rien,
à souffrir d’incertain,
à pleurer d’un nuage sur l’instant,
mon seul pays, mon paysage.
Je voudrais arriver.
Je voudrais être de retour
quelque part,
rien qu’une fois.
Je voudrais venir d’où je viens.
Mais ce sont les brûlures
qui racinent ma vie
à différentes sources.
C’est un soleil-escale
qui amarre mon voyage
à ce bout de sourire.
Lune, ma maison ;
mon territoire de saisons
où je fugitive.
Et cet enfant sans visage,
au bord d’un trop plein de mémoire,
drôle de point arraché ;
mon double nulle-part.

 

1987

Autisme

Elle s’est vitrée de nuit,
étanche.
Sourire aveugle,
un cri au bord des yeux.
Elle message
et barricade tout à la fois,
c’est comme ça que je la vois.
Tu rêves une passerelle,
un rivage à son île,
une autre lecture du temps.
Glisser une étoile
dans le creux de ses poings
fermés.

 

1987

Bulle

S’envahir d’une île
lumière et bleue
S’enfuir d’horizon et de vague
submergée, bulle, infinie
Etre aux confins de l’eau et du sable
quand l’éclat de lune pétille
Etre la soif du rivage
et l’aube-nacre
fluide
absorbée

 

In L’or saisons éditions Tipaza

 

1987

Une page de vent

Ocre fraicheur
et Rouge vertige.
Bleu étincelle
et Mauve matin.
Lumière des arbres
dans l’attente Pluie/Nuit,
et la découpe en déchirure
d’une page de vent sur le silence.
           Le silence
           c’est un regard qui fuit,
           c’est un geste qu’on ne fait plus,
           c’est un faux-pas sur un obstacle.
Attention à la marche,
                    attention…

 

1988

Novembre

J’habite un miroir aveugle
J’habite un pas de funambule
J’habite une mémoire crue
J’habite un rocher bleu
où la lune s’éteint
                      Novembre aux fissures faciles
                      Novembre à fleur de nerfs
                      Novembre rouge et vert
                                                dissone    

 

1987

Carpe Diem

C’est un instant flotté
entre ciel et matin.
C’est un moment gagné
à la mobile incertitude du vent.
C’est une minute délivrée,
comme ça,
une seconde qui n’attend rien,
en apesanteur sur la vie.
L’heure où je ne dors rien du monde.

 

 

1986

Sassandra

Des ombres sourdes
miragent le sable éteint.
Une interminable déchirure
arrimée à mon paysage.
Cigarette sur cigarette
je brûle mes insomnies
et tous les soleils périmés.
La lune dérive dans l’océan,
silencieuse froissée de vagues.
Au bout du voyage
regarder la lune se noyer.

 

 

1985

La vivance

C’est plein d’étoiles
essaimées dans mes nuits.
Plein de ciel bleu-chardon
au soleil des fleurs.
Plein de bulles où s’irise
la mémoire des reflets.
Plein de musique au fond du vent
et le vent au bout du monde.
C’est plein de vivance dans ma vie.

 

1985

Sérénité

Quand les ombres écloses débordent des cailloux
quand la lumière inonde un seul versant du ciel
quand l’imminence du soir dilue les horizons
alors le goût du vent sur la peau
ressemble à une pleine vague
 
On se sent noyé
et vivant

 

1985

Givre

Lovée autour d’un point serré,
serré, comme un éclat de givre,
centre de gravité décentré,
réfugié dans ma gorge.
Un peu de moi,
ce qu’il en reste,
même plus vraiment de la détresse.
Il reste tellement peu de rien,
ça fond tout seul, ailleurs…
Incohérence…
 
1984