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Quinzième volet

Voyage…

Aujourd’hui

Aujourd’hui
J’ai essayé un nouveau jour
J’ai essayé de perdre le fil
Consciencieusement
J’ai noué des trames sans liens apparents
J’ai métissé nos anciens futurs
Et ça ne ressemblait plus à rien
C’était parfait
Une plume de mouette sur le trottoir
C’était joli à ramasser

Août 2011

Il est tard tôt

De la rouille déjà au flanc d’une carène
Patiemment sabordée, trace subliminale
Alhen sur le sable et l’eau prémonitoire
A la première marée tout allait s’effacer
La poutre graffitée de la case de passage
Messages recueillis d’amitiés absorbées
Comme les mots disparaissent,
Comme le temps les emporte !
J’emploie mon temps à refaire surface
Pas toujours, mais le jour
Je parcours le sens unique des allées avenues
Autant d’heures de gagnées à ne pas revenir
J’abrège la mémoire des voix
Et puis la nuit
La nuit je gravite à l’intérieur de ma planète
Ça tourne comme un tambour
De machine à laver la joie
Rien ne me retient
Rien ne me délivre
Prise dans le tissage bleu cuivre des filets
Humaine géographie, la nuit
Il est toujours trop tard
Trop tôt

Juillet 2011

Les croustilles

J’entretiens un désert un océan un champ
Un chant
J’entretiens des liens
J’entretiens la brume des passerelles
Ecran de nuits platine
Je mixe avec ce que j’isole
J’isole du présent les instants qui croustillent
J’isole du présent
Ce qui me fait plaisir
Ce qui me fait sourire
Ce qui me rafraichit
Un thon Pacifique à cru de citron vert
Des papas du dimanche aux maladresses tendres
Le silence presque
Des yeux inquisiteurs cherchent à identifier
D’où vient le métronome qui me bat la poitrine
Un client du fitness pédale dans la vitrine
Le ciel des poissonniers saturé de mouettes
J’entretiens un soleil vital
Du large du large
Du loin devant

Bon. Faudrait juste
dynamiter la barre immeuble en face

Juin 2011

Le pont

Ce plus ailleurs encore qui efface mes pas
Le cœur qui bat en brèche
Colmater
Fissures diluées l’amour amor à mort
Une brume renouvelée
Chaque fois dissipée dans les limbes de l’aube
Partir c’est mourir et renaître plus loin
Au delà de ce pont je ne vois pas la rive
Je ne la rêve plus
Je resterai empreinte de passages oubliés
Comme dépossédée de tout ce qui nous lie
Ce plus ailleurs encore qui efface mes pas

Juin 2011

L’état d’esprit

L’inexorable est une mécanique bien huilée
rouages des soleils noirs
miroirs comme des morsures de peur déployée
l’étau et puis le souffle
le souffle et puis l’incise des jours suspendus
le ténu de la trame
entre deux pans de soirs
jusqu’à voir au travers du ciel décousu
Docteur, écoutez-moi ce coeur
mais le cardio tous les six mois ne s’y habitue pas
j’aligne des phrases-clés, des codes dérobés
j’aligne tous les sens que je peux y trouver
je tiens à ma portée la voix des cathédrales
je respire vanille
on dirait une traduction dont je m’éloigne
je voulais être encore plus approximative
je savais bien où je ne voulais pas en venir
le souffle différé plus rare que de raison
et cette douleur confidentielle
qui ne veut pas céder

Octobre 2011

Pas la peine

Il traîne un vieux silence d’étoiles
Qui apaise
Peuplé de satellites aux trajectoires lentes
Intermittentes
Un horizon dentelé par l’obscur des crêtes
La lune allongeait l’ombre du rythme de nos pas

Ciselée dans la nuit
Rotation cadencée d’une pluie d’asperseur
Des rejets de figuiers ont éventré le mur
De ma mémoire s’écaillent les copeaux de nos rires
Batavias repiquées en lettres S.O.S.
Aucun avion ne s’arrêtait, jamais
Alors tu vois…

Juin 2011

L’écume des jours

S’absorber dans la littérature de salle d’attente
aux urgences mes pas perdus
je me perds, je te perds
j’aurais pu attendre encore, tu sais?
j’ai l’habitude, quand même
quand bien même ce manque de veine
à force de piquer
les veines abrasées de sève vénéneuse
cette fleur de rage
on se la jouait corrida, tu te souviens?
les souvenirs m’encombrent
j’ai la mémoire qui me dégueule
je n’évoque plus, je révoque
laisse moi lire mon horoscope
de Voici juillet 2003

Juin 2011

Reconstruction

Elle disait
J’aimerais porter un peu de ton fardeau
Il disait
Deviens, ne te retourne pas
Je fais la part des choses
Je fais la part belle aux choses de Vous à moi
Les ombres et la lumière et le temps dissociés
Les fissures dans les murs
Et le ciment des voix
Comme une rémanence
Comme un point d’horizon
Une dé-césure qui me retient
Un poing
Flanc Sud exactement
Une pierre et puis une pierre
Je ne sais plus ce que je dois défaire
Je ne peux pas tout exiler
Elle dit
Prends soin de toi
J’ai marqué la page
J’en suis là

Juillet 2011

Flamenca

Pour la sœur de mon fils.
Je l’ai élevée mais à vrai dire, c’est peut-être l’inverse…

Elles n’ont pas l’air de danser du flamenco, c’est normal:
en vrai elles dansaient sur Madeleine de Brel 😉

Je sollicite un rendez-vous
Avec l’âme de mon passé
Petite soleil, ma toujours là
Fière que tu sois fière de moi
La planète sera bien assez petite
Pour qu’on se retrouve quelque part
Un rendez-vous à mi-chemin
Entre hier et
Je sais, tu sais
A nos chevilles un bracelet
Ce mi-chemin départagé
Des points de nos repères donnés
il restera bien une croisée
Une ancre, un port, je te promets
Ma Tisse au tissage serré d’émois
Peut-être demain, peut-être pas
L’Andalousie peut-être ou bien
Mais un bout de
Entre ici et
Je sollicite un rendez-moi

A tout à l’heur
ma presque fille, ma flamenca

27 Juillet 2011

 

Immortelle

A mon père, ma mère 

Tu te souviens de l’ombre du feu sur son visage
de sa main dans la tienne, du rire des enfants
et les flammes franchies d’un même pas
Le bouquet d’immortelles lâché, fais un voeu…
Tu te souviens de son dernier solstice
tu marches mais ne sautes
et la lune se lève
et tu es bien trop seul
et elle est bien trop là
d’une absence invasive
elle bourdonne acouphène
Je sens bien qu’elle te noie
Quel voeu pouvais-tu faire ?
immortelle elle sera
Bouquet

 

16 Juin 2011 Les feux de la Saint-Jean