Quinzième volet
Voyage…
Bruxelles, ma belle
Bruxelles, ma belle from C. Daviles-Estinès on Vimeo.
Musiques de Mike Oldfield et Dick Annegarn
3 juin 2015
Dérive
Racines désenlisées
cherchent fleuve tranquille
pour y flotter
3 juin 2015
Exotique
Zébrures hurlantes des sirènes
Métro exotique
Acier clinquant froid
Rester à l’extérieur des choses
Et porter la mer
A l’oreille ourlée des coquillages
19 mai 2015
Ostende
Il les fallait bas, les nuages
tractés par les goélands
Il la fallait gris ciel, la mer
Il le fallait large, le vent
Une pincée de voile, loin saillante
pour y ferler la lumière
17 mai 2015
Mouettes
Au vent, les mouettes
Comme des frondes
Tournoient leurs cris poivrés
16 mai 2015
Le fil
Un fil
au bout duquel palpite un cerf-volant
Le rire d’un enfant
comme un collier de grains chapelés
tout du long
16 mai 2015
Piers
Le vent bouillonne au ras des mouettes
L’écume bat au flanc
et aux hanches des quais
15 mai 2015
Rafales
Photo de Yellow Sailboat Jean-Pierre Sillère
Rafales d’oiseaux
– leurs ailes comme des copeaux –
Pour broder ton sur ton l’horizon
Le vent est blanc dans les oyats
de sable cinglant
14 mai 2015
Peut-être
Pencher au bord du monde
Les pieds sur Toujours
Corps tendu vers Jamais
Ou inversement, peu importe
Puisque Toujours n’existe pas,
Non plus Jamais
Infinis gouffres
Même la mort
Et même la vie
Sans parois
Seulement Peut-être auquel accrocher-cœur
Il bat fort
14 mai 2015
Bonne nuit soleil
Ou encore suivre la route blanche qu’un avion a tracé dans le ciel et qui ondule comme un serpent avec le vent.
– Tu vas où, Tonton? – En Patagonie. – C’est loin? – C’est à l’autre bout du monde. Le bout du monde! Petit Kinou n’en croit pas ses oreilles. Il imagine Tonton Zouzou au bout du monde,
– Oh Tonton! Tu m’emmènes au bout du monde? – C’est impossible pour cette fois-ci, mais toi aussi un jour, tu iras au bout du monde.
Juste quand il se couche, il sera bas, tu l’attrapes dans son lit…
C’est froid, la lune.
– Mais si tu es au bord de la Terre, tu mets une échelle.
Par contre je peux peut-être attraper une étoile filante au passage. – Faut bien viser, dit Papa.
Finis ton yaourt, c’est l’heure d’aller au lit.
Il regarde le croissant de lune accroché dans le ciel et il lui vient une idée.
Il prend son épuisette et descend au jardin. Il est tellement excité qu’il n’a même pas peur du noir.
Elle passe en mille éclats par tous les trous de l’épuisette.
toutes les grenouilles de la mare.
Bouleversé, petit Kinou lâche son épuisette et court se cacher dans son lit sans même regarder le ciel.
Quand il se lève le matin, il est tout angoissé. Mais ni Papa ni Maman ne le grondent. Ils ne savent pas encore quelle énorme bêtise il vient de faire…
Elle a dû ramasser ses morceaux et partir fâchée.
C’est bientôt le crépuscule.
Petit Kinou se souvient alors du jour où il a voulu enfermer une coccinelle.
– Si tu fermes la boîte, elle ne peut pas respirer, elle va étouffer.
– J’ai cassé la lune, dit petit Kinou entre deux sanglots. Et il lui raconte comment il a cassé la lune en voulant la pêcher avec son épuisette.
Tu verras que la nuit prochaine, un croissant de lune va se lever. Et s’il est dans l’autre sens, ce n’est pas parce que tu l’auras mise
Tonton Zouzou éclate de rire.
Ecoute, petit Kinou. Je te promets que demain il fera beau. La météo a prévu un grand soleil.
– J’ai un cadeau pour toi. Je l’avais trouvé un jour, pas loin de chez moi. Et il lui tend un petit caillou tout rond et granuleux. – Ca s’appelle une météorite. C’est un vrai bout d’étoile filante.
Il s’endort avec une étoile
dans le creux de son poing fermé.
Janvier 2000





















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