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Quinzième volet

Voyage…

Brouillard

Le monde brûle
Paris aussi
et chacun de pétrir sa nuit

Au levain de la tristesse
ont fleuri drapeaux d’orage
flammes de bougies ardentes
minutes en minutes d’effroyable silence

Et puis
des mots à travers le brouillard
devant chaque fenêtre possible
Surrections d’îles
comme autant d’archipels
où s’amarrer, où accoster
où poser le pied

Mais chacun son brouillard
celui qui se défait et refait le monde

Paris brûle
le monde aussi
et chacun de pétrir sa nuit

16 novembre 2015

Pipistrelle

Ça entre par une fenêtre
Ça se fourvoie et ça se cogne
Aux quatre coins de la lumière
Ça volète tout fripé
Puis ça se happe dans une brèche
De la nuit laissée ouverte

Ça n’a pas même froissé l’air

C’est du silence qui traverse
Noir velours
Une pipistrelle

13 novembre 2015

Ta vie du bout du monde

Ta vie du bout du monde

 

 

J’ai dormi plusieurs fois, cette nuit. En lambeaux de sommeil effilochés.
Avec des idées filandreuses comme la laine de brume cardée des rivières.
Ce n’était pas des rêves mais des pensées cousues bord à bord comme le rideau de pagne Kita.
La nuit close au-delà, et sa clarté gibbeuse.
Des bouts d’images. Des bouts de plages. Ta vie du bout du monde, aux couleurs minutieuses.
Ma sœur Nigeria Texas, ma sœur Ghana Brésil.
Souvenir de tes mains portées en conque sur la coque cuivrée d’une noix de coco.
Ma sœur Grand-Bassam.

Puis, le dernier rivage : Deux ocres de façades qu’un rectangle de ciel azuré écartèle.
La note longtemps tenue d’un gris-blanc goéland.

Est arrivé le jour – la lumière a pesé plus fort sur mes paupières –
Et la réalité, avec sa morsure chienne.
C’est un jour traversant et tout décoloré, ma sœur. Tout décoloré.

25 octobre 2015

Lutte

Je concasse les mots
J’en fais des cailloux à semer
sur le désert de ton chemin
Pierres à frotter contre pierre
Ça ferait une étincelle
Je soufflerais sur la braise
Et toi
A bras le corps
Bras de fer

Ta force
A n’en pas finir

14 octobre 2015