Quinzième volet
Voyage…
Pangée mère
Ainsi font
Se défont les enfants
Continents de coquilles
Cesser de faire miennes
Leurs fêlures
29 novembre 2015
Ciel étale
Chassées au bout de l’horizon
Toutes pensées de feuilles mortes
Levée, toute idée même de nuit
Tandis que bat le vent
Sa voix de marée haute
26 novembre 2015
Brouillard
Le monde brûle
Paris aussi
et chacun de pétrir sa nuit
Au levain de la tristesse
ont fleuri drapeaux d’orage
flammes de bougies ardentes
minutes en minutes d’effroyable silence
Et puis
des mots à travers le brouillard
devant chaque fenêtre possible
Surrections d’îles
comme autant d’archipels
où s’amarrer, où accoster
où poser le pied
Mais chacun son brouillard
celui qui se défait et refait le monde
Paris brûle
le monde aussi
et chacun de pétrir sa nuit
16 novembre 2015
Pipistrelle
Ça entre par une fenêtre
Ça se fourvoie et ça se cogne
Aux quatre coins de la lumière
Ça volète tout fripé
Puis ça se happe dans une brèche
De la nuit laissée ouverte
Ça n’a pas même froissé l’air
C’est du silence qui traverse
Noir velours
Une pipistrelle
13 novembre 2015
Lézarde
Souviens-toi, ce jour brûlant
La clarté aveugle du parvis
– Une déflagration de lumière –
Quelque chose comme une lézarde
Ça nous avait laissé le cœur de guingois
9 novembre 2015
Ta vie du bout du monde
J’ai dormi plusieurs fois, cette nuit. En lambeaux de sommeil effilochés.
Avec des idées filandreuses comme la laine de brume cardée des rivières.
Ce n’était pas des rêves mais des pensées cousues bord à bord comme le rideau de pagne Kita.
La nuit close au-delà, et sa clarté gibbeuse.
Des bouts d’images. Des bouts de plages. Ta vie du bout du monde, aux couleurs minutieuses.
Ma sœur Nigeria Texas, ma sœur Ghana Brésil.
Souvenir de tes mains portées en conque sur la coque cuivrée d’une noix de coco.
Ma sœur Grand-Bassam.
Puis, le dernier rivage : Deux ocres de façades qu’un rectangle de ciel azuré écartèle.
La note longtemps tenue d’un gris-blanc goéland.
Est arrivé le jour – la lumière a pesé plus fort sur mes paupières –
Et la réalité, avec sa morsure chienne.
C’est un jour traversant et tout décoloré, ma sœur. Tout décoloré.
25 octobre 2015
Lutte
Je concasse les mots
J’en fais des cailloux à semer
sur le désert de ton chemin
Pierres à frotter contre pierre
Ça ferait une étincelle
Je soufflerais sur la braise
Et toi
A bras le corps
Bras de fer
Ta force
A n’en pas finir
14 octobre 2015
Transhumance
Les troupeaux
amorcent un perceptible mouvement de sonnailles
Echarpés sur le buis, des flocons de suint
11 octobre 2015
Le bel été
Vendanger l’or oblique du soir
Le silence s’exaspère
L’agencer comme on peut
En faire des souvenirs ourlés de bocages
Un brin de vent cousu à même les trémières
Au pays du bel été
4 octobre 2015
Les jours gris
Le ciel sera blanc
Blanc, étanche
Et vertical
Filtre sous la porte
Un jour carré, sommaire
Luminescent
24 septembre 2015

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