Quinzième volet
Voyage…
Jusqu’à la mer
Jusqu’à la mer from C. Daviles-Estinès on Vimeo.
Musique de Charles Bernstein White Lightning Inglorious Basterds
1 octobre 2012
Les cailloux
il est plein de cailloux
dans la bouche
dans la tête
dans le ventre
il crache des cailloux de mots
il pleure des cailloux de larmes
il saigne tout un éboulis
1er mai 2016
Le poème de papier
Le poète distribuait des poèmes de papier
avec des mots d’encre dessus
et de la joie, et de la peine
dedans les mots
du désespoir, des espoirs
des questions, de la colère
jamais de réponse mais des doutes
Il y avait du passé dedans
et des errances
et du vivant
Il voulait que ses mots ouvrent des chemins
que ses poèmes soient des clefs
dans la serrure des cerveaux
en faire des grenades de soleil
Dégoupiller le soleil
et BOUM
sur les frontières
Mais c’est un poème de papier
qu’un passant a jeté par terre
après avoir froissé les mots
dans sa main
J’ai ramassé le poème de papier
l’encre, l’espoir
et le vivant
Défroisser les mots
Etre le cœur qui bat
dans la voix qui les porte
20 avril 2016
Hommage à un vieux monsieur, rencontré lorsque j’étais adolescente, qui distribuait des tracts poétiques dans la rue en militant pour Amnesty International.
Horizon
L’horizon soulève sa poitrine
— sa respiration gelée de quelques milliers d’années —
Collines, vallons
Vallons, collines
Le soleil se libère de sa gangue de brume
Flouté, déflouté
Pulsation fontanelle dans le berceau du monde
Un liseré d’hiver brodé
Sur l’essentielle crête de l’aube
18 avril 2016
Avril
Tout est d’un jaune scandaleux
La moutarde monte au nez des coteaux
Le printemps se propage
Comme feu d’avril
15 avril 2016
Maloya
Un angle de ma fenêtre est biseauté de lune
C’est par là que la nuit déborde
Et déverse pêle-mêle
Une odeur fumée de spirale
Une maloya de samedi soir
Une esclandre de chiens
Un coq suraigu
A ma cheville s’agrippe une morsure de fièvre
Je me débats
Et dent pour dent
Je t’assassinerais volontiers
Tu sais
13 mars 2016
Brèves malagasy
De brique rouge et de broc
Les piroguiers rabattent leurs troupeaux d’oies de rizière
Les reflets dans l’eau rouge voyagent
Analavory
Les wc au fond des planches de la cour
La misère s’échafaude
De brique en brique rouges
Un flash de soleil
Reverdit la lumière
Au bout du monde
La frontière de l’infini
Foule aux pas si pressés
Seuls dorment les chiens
Comme s’ils se mouraient au soleil
Des sirènes ouvrent la voie aux vitres fumées
La rage aux ventres
Lève son poing serré
7 mars 2016
La Belle et le Vasaha
Tu n’es pas jalouse, j’espère
Dit le vieux Vasaha*
Elle hausse une épaule
Belle et docile
Passive et dégoûtée
* Vasaha : Le blanc, l’étranger en langue malgache
5 mars 2016
Mon pays
Je sais d’où je viens
Je suis d’Expatrie
4 mars 2016

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