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Quinzième volet

Voyage…

Les petits bonheurs de contrebande

L’unité ramifiée d’un par chemin
A la palabre plurielle
A chaque rang noué
Treillage perlé de pluie
C’est juste là où ça rouille
A la corrosion des non-dits
Mais du soleil à la sauvette
Qui plic
Et ploc
Nous perfuse
Petits bonheurs de contrebande
Comme une traînée de feu
Aux poudres buissonnières
Ça vibre
Et ça murmure
Echos confidentiels
Dans la nuit consentie
C’est de la lumière qui chuinte
Comme ça *******  

19 novembre 2012

La voix

Depuis toujours
de poussières latérite
ou de sable ou de givre
le même effritement granuleux sous les pas
Le même froid d’étoiles
leurs cicatrices filantes et immuables
nuit après nuit
autant d’empreintes additionnées
Sous un manteau de ciel
le temps reflue
La voix peut revenir alors
flamme de lampe de toutes les tempêtes
elle résorbe l’hiver, l’angle cassé des pierres
et la douceur des ombres
aussi
Chaque bout d’éternité est une errance révolue
La voix peut revenir
elle est signe que tout s’achève
signe que tout renaît
Elle est le passage à découvert
et l’immunité de l’aube
A peine
à peine frémissent sous la brise
vouées au friable et à la transparence
trophées abandonnés
nos mues peaux de chagrin

8 novembre 2012
Extrait de L’or saisons aux Editions Tipaza

Flamme-enfant

Des rives fertiles, elle passe au large
Tangue jalousement son horizon cranté
Sommets aux tracés obsolètes
Le chien bleu andalou ne répond de rien
Ni l’écureuil fugace, rousseur entraperçue  
Automne
Marée basse
Elle cherche là
Au repli des pénombres
Un rêve inhabité
Crypte au bout du hors-piste
Le ciel bruisse noir
Et les adrets s’embrasent de fleurs minérales
C’est comme un hymne, un appel
Elle engrange chaque jour qui passe
Attise l’enfant-flamme au sommeil féroce
Cette absence têtue qui la grignote
En perdre l’impatience  

17 octobre 2012

L’enfant passant

Nuit lente déraisonnable où rien ne cède
Pas même un brin d’esquille
Lune suspendue comme un attrape-rêves
Son impact délayé dans les herbes brûlées
Recadrer la vie
Haute -Définition
Déroger aux bonnes résolutions
Lutter
Et s’éploient vent debout
L’aigre-doux/tamarin
Ligne de sel équateur
Froissé velours d’un baiser de cils papillon
L’enfant passé, passant
Sur le chemin dépossédé
A petits grands pas

26 septembre 2012  

Le courant des rivières

Musique de Rivière Noire:  » Bate Longe »

C’est le matin
Le matin est à venir
Comme une palissade éventrée
Brèche béante où le vent bat
J’ai descendu loin, je crois
Les marches, vis sans fin
Le courant des rivières, le cours de ma vie
Le matin est à gravir
Il y a de l’espoir à traverses
Une pleine brassée de silences
Saturés de voix comme il se doit
Mais le souvenir est neuf
Il prend sa source aux vasques de soleil
Où j’ai lavé, lavé les brûlures du froid
Le souvenir est neuf, je l’ai puisé demain
Juste dans la coulée de lumière du matin  

10 septembre 2012

Je peux

Ourler tout ce qui s’effiloche

Coudre une trame de silence
Sur les petites déchirures

Danser sur le fil tendu
Entre les poteaux du chemin

Tresser les liens qui me retiennent
A ceux que tu laces autour de toi

Amarrer ma dérive au ciel

M’encorder aux aspérités
Du vertige dont je reviens

Faillir et ne jamais tomber

Et tout dénouer
Ça n’empêche pas

Dénouer ce qui nous entrave
Défaire le nœud là
Et là
Dans la gorge
Et à l’estomac

24 août 2012

Papiculteur

Un sachet de malabars au rayon d’un supermarché
Une abeille blonde dans la lumière
Pour ces raisons écartelées
Je pense à lui
Malabars
Une moitié rose une moitié jaune
Le paquet ouvert agité sous le regard de l’enfant
Il insistait :
Allez, sers-toi ! Ne me fais pas répépiller
Il déposait autoritaire une gourmandise dans la menotte
Rituel
Je pense à lui quand une abeille
Fulgure désordonnée dorée
Il disait :
La ruche barbe. Entends comme ça zombille
L’
œil pétillant bleu derrière le tulle noire
Gaufrette de cire déchirée
Gonflée de miel sous la dent
Mâche, c’est du malabar naturel

Pour ces raisons écartelées
C’est une main calleuse que je vois
Repliant les petits doigts sur l’offrande bicolore
Mais tenace, accrochée au geste
L’odeur de thym de la fumée   

21 août 2012

J’veux du soleil

A l’image orpheline du premier clair-obscur
S’appliquer à survivre
Rester debout la vie
Je tiens à être heureuse
Méticuleusement
De ce soleil embryonnaire, j’ai une faim méthodique
Le sol râpe sous les pas
C’est de la poussière d’âme
La limaille irréelle  qu’il fallait abraser
Pour que le coeur prenne corps
Je revendique le droit
Au possible devenir   

14 août 2012

Tissu de vie

D’un côté la dérive de l’enfance aux arêtes vives
Murs de pensées dressés à l’aveugle
De l’autre une tendresse hâtive malgré soi
Dérive de mauvaise foi

D’un côté le faux-bond des précieuses ridicules
Illumination calfeutrée des maisons noires
De l’autre mes anonymes inquiets et rassurants
Mon énergie puisée à même Vous

D’un côté mon demain amputé de son rire
De l’autre, rien
j’ai perdu le fil

La vie la mort l’amour
La colère

Mais

D’un côté l’eau de l’aube et la rosée des palmes
Sable criblé de gouttes
La plénitude moire des lagunes
De l’autre tes ciels de bout du monde tendus de lumière
Et le fil d’une voix traversant les frontières
Permanence de ce que j’étais, je suis et je serai

Entre chaque distance
Ourlée de notes cicatrices
Une vie de bazin

 

6 août 2012

DomusVi

Apprends-moi à respirer
Je ne sais plus dormir
Nuits blanches aux malaises Damoclès
Comme un drap blanc où vibrent troubles
Cils de poussières
Silhouettes
Je les revois
Je les revis encore
Si patients
Fissurés
A l’heure d’avoir faim
Ils n’ont plus jamais faim
Le toujours debout aux 22 ans corsetés
La dame peinte abandonnée
Qui pleure d’oublier
L’homme à la chaise roulante qui dort en permanence
A l’ombre surchauffée des vaines pergolas
Par une fenêtre ouverte une plainte litanique et quasi rituelle
Elle ne souffre pas, elle est folle
Apprends-moi à respirer

Je ne sais plus dormir  

29 juillet 2012