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Quinzième volet

Voyage…

Ce livre, la vie

Relire en diagonale les passages aux averses
Le froid collé au corps comme une seconde peau
Page-marquer le soleil
Corner ce livre, la vie
Consciencieuses pliures
Ainsi tout relier
Les impressions boiteuses, émotions décousues
Surligner le silence
– le mot le plus bavard de mon clavier –
Comme si ça pouvait s’oublier – sait-on jamais –
Le ciel aux fenêtres
Qu’importe si le vent ressasse la lumière
C’était vivement vivre
Vivement vivre loin
 
25 mars 2014
in L’or saisons Editions Tipaza (2018)
 

Une manière d’exil

Il fait nuit, ton matin
Nuit, ce jour blanc filé au mauvais coton des nuages
J’avance
J’acharne à coucher l’herbe des chemins perdus
A peine une trace foulée que l’aube relèvera
Il fait jour, mon matin
Comme un jour de claire-voie
Moucharabieh de l’âme
Que l’à venir éclaire
Confettis de lumière
Une manière d’exil
 
9 mars 2014

 

Livres Batailles Les migrants

Les migrants
Livre Batailles avec dessin original de Jean-Louis Charpentier
Exemplaire unique
Publication mai 2016

 

Il leur fallait franchir
la houle du désert
fuir la morsure des pierres
sous la marche

passer le seuil océan
l’horizon n’est pas ce que l’on croit
une eau dormante
lisse et claire

le ciel est barbelé
le silence est tonnerre
c’est une bataille livrée
entre les heures et les heures

ils ont touché terre d’accueil
le rivage n’est pas ce que l’on croit
lisse et clair comme l’azur
le rivage est dressé comme une guerre

enfants ballotés là
dans le linceul des vagues
ceux qui restent iront leur vie
ils iront une vie cabossée

crénelée de blessures
ils porteront leur nuit
roulée comme une ronce
autour de leurs chevilles

Mars 2016

 

Les douze

Les douze livre

Douze sculptures de Jean-Louis Charpentier. 
Douze auteurs.
Pour chaque sculpture, un poème.
Je suis heureuse d’avoir contribué à ce magnifique livre d’artiste publié aux Editions de l’Ormaie à Vence.
Avec Gilbert Casula, Philippe Chartron, Alain Freixe, Claude Haza, Martin Miguel, Jacques Simonelli, Daniel Schmitt, Yves Ughes, Françoise Serreau, Françoise Oriot et Raphael Monticelli.

Merci à Jean-Louis Charpentier et à Régine et Jacques Simonelli.

 

Une clef

J’ai trouvé une clef de mots
C’est comme ouvrir une porte scellée d’ombre
C’est du matin versé à même les paupières
L’air bruisselle
Etale à mes pieds des flaques de paysages
Le temps a gaufré les falaises
Feuilleté les pans de schiste noir
Dépecé les façades
Restent où marcher
Tous les chemins d’exil traversés
Je n’ai que l’embarras du choix de mes rivages

10 mai 2015

Et pourquoi non ?

Ecrire, et pourquoi non ?

La barque est immobile
Ce sont les rives qui passent
Aux arbres fromagers, badamiers
Flamboyants
Pourquoi non, le chiendent ?
Et même l’ombre oui,
Même l’ombre rayonne, vénéneuse
Epanouie
Ecrire ce qui paillette
La poussière des granges
L’éternuer
En faire des contre-feux
Des aubes de jachères, nomades
Et pourquoi non ?
Ecrire, la lune au ventre
Ces pierres dans mon jardin
 
16 février 2014

Que finisse l’hiver

Fusent la trille ronde des hulottes

des notes de gouttes chevêches
Toutes ces étoiles précipitées
ça roule comme un torrent clair
On ne sait pas ce qui paillette
du ciel qui ruisselle, orpailleur
ou la terre de sucre-givre
C’est ainsi que ma nuit chemine
en rond, dans le grand loin
Une irrévocable frontière
Mais tout finira bien par fondre
l’hiver et la neige
et les chiens
De mémoire, leurs traces de pétales
 
22 janvier 2014

Une voyelle de plume

De quel droit ce cœur me heurte-t-il si fort
de son poing le plus rage ?
Il ne fait pas le tri et ne cloisonne pas
la dureté consonne             interactive
des chaos, leur écho toxique
sur les murs
et la douceur voyelle
de ce que je sais vivre            encore
Si petite, sous les fleurs
cette boîte promise aux lèvres d’un brasier
Le reste importe peu
Le reste n’est pas valide
Si ce n’est le bleu geai
d’un message de plume
 
21 décembre 2013
Texte paru au CAPITAL DES MOTS

Insurrection

Le vent s’est enroulé autour de ma fièvre
Vois la récolte des tempêtes
Fracas à l’infini
de toutes les querelles du monde
Océan/soufre
Des digues de silences
me servent de brisants
J’attends
que la nuit lève son ancre de brume fumerolle
Insurrection de l’aube
Demain aura l’ampleur
d’une délivrance
sous la surface damée où j’ai semé les mots
(un goût de terre dans la bouche)
Demain descellera
cette chape de ciel soudé à l’horizon
 
6 décembre 2013 
Texte publié au CAPITAL DES MOTS