Quinzième volet
Voyage…
Flamboyant
Sous la paupière soulevée des nuages
Une enjambée de nacre en ciel
Lamelles de feuillages
Leur ombre ciselée sur l’ondulée des toits
Et toi, subliminal
Comme l’éclat blanc fugace des oiseaux
Absence barbare
Indissoluble
Même les arbres morts ont le port flamboyant
19 août 2014
Paru au Capital des Mots
Australe
Un vent liquide houle
Feuillette les champs de cannes
Et quel que soit l’hiver
C’est de la même eau d’ambre
Que la lumière des blés au torrent de tes ciels
Quelque chose pourtant est en train de se taire
Un silence de pierre
C’est lourd, c’est léger – je ne sais pas –
C’est comme recueilli
6 août 2014
Publié à La Barbacane n°99
Du recueil Allant vers et autres escales aux Editions de l’Aigrette
Du recueil Allant vers et autres escales aux Editions de l’Aigrette
Extérieur jour créole
Extérieur jour
Cités éclaboussées de fresques
Couleurs sauvages
Fleurs de temple au cordeau comme des psalmodies
Dentelles de métal sous le toit des varangues
Le brouillard a dressé un mur de ciel blanc
Derrière les tamarins
Je récite
Les galets secs de la rivière
Les oiseaux de l’aéroport
Les récite par cœur pour ne pas oublier
29 juillet 2014
Cicatrice
Chaque jour
Un mot comme un pas
J’écris : La bruyère rouge rampe
A fleur de pierre
Chaque jour
Un mot comme un pas qui s’éloigne
Les palmes de fougères écarquillent la brume
Liseré d’horizon où tu te dissipes
Je gratte alors
Je gratte la cicatrice
C’est un pas qui revient et ça ne fait pas mal
J’écris : Matin de soie
C’est un chemin de houle
C’est un micro-climat
Il pleut vif au soleil
22 juillet 2014
Plouf
Les mots lâchés comme des cailloux
Dans le puits béant de ta nuit
Leurs ondes se propagent
Encyclies de poème
que les parois absorbent
De la margelle où je me tiens
C’est ce que je ne vois pas
Un peu de ciel, il y aura bien
L’eau à ma bouche
5 juillet 2014
( en ai-je envie ? )
Un jour peut-être
les choses n’auront aucun écho
Les rires des enfants seront des rires d’enfants
ni plus ni moins
leurs bruits d’eau dans l’été
à jaillir
J’étiolerai les ombres
leur pendant de lumière
Je serai oublieuse
sans intention particulière d’oublier
Nuit rectangle d’un velux
– tout ce ciel déversé –
La lune par-dessus toit
J’aurai cessé de te retenir
27 juin 2014
…..
Tu es un drôle d’absent
toujours égaré juste là
où je t’attends
27 juin 2014
Banderille
Je relève de brume
La mémoire ennoyée qui monte
qui monte
J’écope la nuit, les rossignols
leur chant fuselé
Fenêtre découpée à l’adret de l’aube
ciel révélé bleu
Absence banderille plantée au cœur du jour
Ce jour à vivre coupant comme un soleil de verre
14 juin 2014
Une porte
Imaginer
trois marches empilées dans le paysage
D’un côté, du blé
coiffé en brosse par le vent
De l’autre, des lavandes moussues
ou peut-être la mer
– c’est comme on veut –
Imaginer une porte en bois
hissée bleue sur les marches
Aucun mur n’est bâti autour
ni alentour
C’est une chose heureuse
Habiter le seuil d’une porte ouverte
adossée à la lumière
Petite fille aux allumettes
Craque la flambée des horizons
13 mai 2014
Paru dans la Revue 17 secondes n° 5
Nouveaux délits n° 50
In Allant vers et autres escales éditions de l’Aigrette (2016)
Chemin de brise
Une nouvelle voie
aux traverses chavirées
sur le bas-côté de la vie
Un chemin de brise
déhanche les ombres passantes
La mer semble vouloir
tout effacer
tout étouffer
à en faire bruisser les galets
Vois comme les vagues flanchent
A la charnière de l’aube
qui hante la nuit de qui ?
Quelque chose de toi
partout dans la lumière
de l’obstinément printemps
5 mai 2014
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