J’ai vu défiler les talus secs
aux herbes brûlées par l’hiver
J’ai vu défiler les chênes bruns
J’ai vu défiler mon pays
comme on voit défiler sa vie
au moment de mourir
Il s’agissait bien de cela
mourir à tout mon paysage
mourir à tout ce que j’habitais
En bas, la lumière était chaude sur les tours
J’entendais résonner mes pas
Je marchais, je courais presque
comme si j’étais pressée d’aller là où je ne savais
Je n’étais pas joyeuse
je ne pleurais pas
je savais seulement que je ne revenais pas

2 mars 2019

 

 

0